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Sécheresse et fissures : vers un futur diagnostic obligatoire ?

Publié le 17 Septembre 2025

Chaque été, le constat s’aggrave : les sécheresses se multiplient, les arrêtés de catastrophe naturelle s’enchaînent, et des milliers de maisons fissurées témoignent des effets des sols argileux qui gonflent et se rétractent avec l’alternance pluie-sécheresse. En 2023, près de 10 000 communes ont été reconnues en état de catastrophe naturelle sécheresse. En 2024 et 2025, la tendance ne s’est pas inversée. Derrière ces chiffres, il y a des ménages contraints de quitter leur logement, des coûts de réparation exorbitants et des biens dont la valeur s’effondre. Face à cette réalité, une question monte : faut-il créer un diagnostic sécheresse obligatoire pour mieux informer les acheteurs et anticiper les risques ? Aujourd’hui, l’État des risques et pollutions (ERP) mentionne bien les zones exposées aux mouvements de terrain différentiel liés à la sécheresse, mais il s’agit d’une information générale, souvent peu lue et rarement expliquée. Or, pour les acquéreurs, la présence d’un sol argileux actif est tout aussi déterminante que la performance énergétique ou la présence d’amiante. Un tel diagnostic, s’il voyait le jour, pourrait s’appuyer sur les données déjà disponibles : cartographie nationale des argiles, relevés climatiques, historiques des arrêtés de catastrophe naturelle, voire expertise géotechnique ponctuelle. Il viendrait compléter l’arsenal des diagnostics immobiliers, en mettant en lumière un risque désormais structurel pour le parc de maisons individuelles, en particulier dans le Centre, le Sud-Ouest et certaines régions d’Île-de-France. Les enjeux économiques sont considérables. Les indemnisations versées par les assurances au titre de la sécheresse représentent déjà le deuxième poste de dépenses après les inondations. En intégrant plus en amont l’évaluation de ce risque dans les transactions, l’État pourrait limiter les contentieux et inciter à des travaux préventifs adaptés (fondations renforcées, systèmes de drainage, végétation contrôlée). Pour les acteurs de l’immobilier, un diagnostic sécheresse aurait aussi un impact direct sur la valeur des biens. Comme pour le DPE, un rapport défavorable pourrait peser sur le prix de vente, mais il donnerait aussi une vision plus réaliste des investissements à prévoir. Rien n’est encore acté, mais dans un contexte de réchauffement climatique accéléré, l’idée d’un diagnostic sécheresse fait de plus en plus son chemin. Après l’amiante, le plomb ou l’énergie, il pourrait bien être le prochain maillon d’une chaîne de diagnostics destinée à sécuriser les transactions et protéger durablement les acquéreurs.

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